viernes, 11 de noviembre de 2016

En mars tout ira mieux

Mon frère,
Maintenant que la guerre stagne dans une pénible pause
hivernale dans les tranchées, maintenant je peux m'arrêter pour penser à tout ce qui nous est arrivé depuis lors. Je ne veux pas te lancer de reproches à cause de ta décision de t'enrôler dans le camp adverse, déjà que la mienne doit te paraître également incompréhensible. Les prochains mois s'annoncent longs et froids, et ma santé est trop fragile pour tirer des plans pour le printemps mais, si je survis, je ne voudrais pas te trouver en face de moi dans un combat et si je te rencontrais, je ne voudrais pas te reconnaître et si je te reconnaissais  je ne voudrais pas que tu agisses de la même façon avec moi.
En mars nous serons aux portes de Grenze et nous chercherons maison après maison, ennemis, traîtres et armes. Nous attaquerons tous les foyers, y compris celui de nos parents ; les greniers, et celui de notre grand-père aussi : Tout brûlera, ce sont les ordres. J’imagine que vos commandements  ordonneront la même chose, mais ce sera en mars.
D'ici là, j'espère que quelqu'un aura la sagesse d'arrêter cela, de gommer les lignes des cartes. Si ce n'est pas ainsi, j’espère que mars commence sans moi.
Ton frère.

Traduction de Marie-Josèphe Pastre