martes, 2 de mayo de 2017

COMME UN DE PLUS

Quand mes grands-parents, fuyant la guerre, arrivèrent jusque
là tout leur parut surprenant, car les habitants les accueillirent avec amabilité, les aidèrent à s’installer, leur cédèrent une terre fertile pour labourer et gagner leur pain, leur apprirent la langue et le respect. Dans ces circonstances, ils se sentirent bientôt comme chez eux et leur pays ne leur manqua plus, dans la mesure où ce nouveau foyer était pratiquement comme le leur ou même mieux. Toutefois quelque chose les a interpellé pendant des années, et jamais ils ne voulurent demander, par respect et par timidité : Tous les vieux du village avaient perdu deux ou plus de doigts, quand ce n’était pas toute une main, raison pour laquelle le village était appelé : « Ville des manchots » Cela fut une source de légendes dans ma famille qui s’est transmise de génération en génération jusqu’à arriver jusqu’à moi, et rapidement je me vis confronté à la vérité de cette circonstance si singulière.
À l’âge d’être soldat, ils m’appelèrent comme un de plus pour défendre notre terroir du siège de l’ennemi, et comme un de plus, je suis allé lutter et je perdis plusieurs doigts en désamorçant les mines qui parsemaient nos champs naguère fertiles.
Aujourd’hui, comme un manchot de plus, mon nom figure sur la plaque en l’honneur  des héros de ces guerres.

Traducción de "Como uno más" por M-J Pastré.